Pour débuter
En regardant le ciel à l'œil nu, vous vous êtes familiarisé avec le dessin des principales constellations, vous avez appris à reconnaître certaines planètes, vous vous êtes émerveillés devant un croissant de Lune... Bref, le spectacle de la nuit ne vous laisse pas indifférent ! Il ne fait alors aucun doute que vous pouvez envisager sérieusement l'achat d'un instrument d'astronomie. Dans une petite lunette ou un télescope, le ciel prendra en effet une toute autre dimension.
Pourquoi ?
D'une part parce que vous pourrez grossir les images. Songez qu'avec un grossissement de seulement 50 fois, vous survolerez les cratères de la Lune, vous observerez les phases de Vénus, les nuages tourmentés de Jupiter et bien sûr les merveilleux anneaux de Saturne. D'autre part, malgré leur aspect toujours ponctuel compte tenu de leurs distances astronomiques, les étoiles ne manqueront pas de vous surprendre. Nombreuses par exemple sont celles qui vivent en couple : là où l’œil ne voyait qu'un astre, vous découvrirez deux petits points accolés. Enfin, en collectant plus de lumière que l'œil, l'objectif d'une lunette ou le miroir d'un télescope permettent de capter les lueurs d'amas d'étoiles, de nébuleuses et de galaxies, trop faibles pour apparaître à l'œil nu. En vous promenant le long du ruban argenté de la Voie lactée, vous rencontrerez ainsi d'innombrables trésors cachés.
Quel instrument choisir ?
Le choix d'un instrument est bien entendu fonction de votre budget. A moins de 1000 F, mieux vaut vous contenter d'une bonne paire de jumelles lumineuse, de type 7x50 par exemple, qui vous donnera de belles images de la Voie lactée et d'objets comme l'amas des Pléiades ou la galaxie d'Andromède. Vous ne pourrez cependant pas vous lancer dans l'exploration des planètes, qui demeureront ponctuelles. Pour cela, une petite lunette astronomique s'impose. Comptez à partir de 1500 F pour un instrument de qualité muni d'un objectif de 60 mm.
Attention : bannissez les lunettes en kit à bas prix, de conception tout plastique, qui ne fourniront absolument pas des images à la hauteur de la beauté du ciel. A partir de 2500 F, vous aurez accès au fameux télescope 115/900, moins facile à manipuler qu'une petite lunette, plus encombrant, mais délivrant des images lumineuses et détaillées. Un "must" pour le débutant sérieux et motivé ! Au-delà de cette gamme de prix, les instruments sont légion et vous n'aurez que l'embarras du choix ! A prix équivalent, un télescope est plus lumineux qu'une lunette, mais souvent plus délicat à utiliser (prévoir notamment de régler les miroirs). De manière générale, plus le diamètre est important et plus vous pouvez voir de choses, mais plus l'instrument est lourd et encombrant. N'oubliez pas qu'observer le ciel est un plaisir qu'il ne faut pas gâcher en investissant dès le départ dans un matériel difficile à manipuler, notamment si celui-ci est destiné à un enfant.
La monture : un élément à ne pas négliger.
La monture est le support qui sert à soutenir et à orienter une lunette ou un télescope. Sa qualité est très importante. En effet, une monture trop frêle peut être la cause d'interminables vibrations, lorsque vous pointez un astre ou faites la mise au point par exemple. C'est souvent le point faible des instruments d'initiation : suspectez toute conception trop "plastique".
Il existe deux types de montures.
- Celles dites azimutales sont les plus simples à utiliser, puisqu'elles permettent d'orienter l'instrument de manière naturelle, de bas en haut et de gauche à droite. Mais puisque la Terre tourne, l'objet méticuleusement pointé va irrémédiablement s'échapper du champ de vision, ce qui oblige à décaler sans cesse l'instrument.
- C'est pour contourner cette difficulté que la monture équatoriale a été conçue. Son utilisation est plus délicate, puisqu'il faut orienter son axe principal en direction de l'étoile polaire et équilibrer l'ensemble en déplaçant un contrepoids. De plus, les mouvements "équatoriaux" peuvent surprendre au début. Cela dit, après quelques séances d'entraînement, ce type de monture se révèle très utile, puisqu'il suffit de tourner une petite molette pour suivre la course des astres dans le ciel. Un moteur peut même automatiser ce rattrapage, ce qui permet de se concentrer parfaitement sur l'observation.
Notons que de nouvelles montures azimutales pilotées par électronique équipent désormais de nombreux instruments. Munies d'un système "GO-TO", vous n'avez qu'à leur afficher l'objet que vous voulez voir pour qu'elles le débusquent aussitôt !
Comment observer la Lune et les planètes ?
L'étude de la Lune et des planètes est possible même en pleine ville. Nul besoin par ailleurs d'un gros télescope pour débuter : une petite lunette de bonne qualité fournira déjà des résultats remarquables. Puisque la turbulence atmosphérique brouille les images, n'observez les planètes que lorsqu'elles sont hautes dans le ciel. Grossissez en moyenne l'équivalent du diamètre de votre instrument, soit 60x avec une lunette de 60 mm et environ 100x avec un télescope de 115 mm. Il est souvent inutile de grossir davantage : les détails sont alors moins contrastés, donc moins apparents.
Que peut-on voir ? Vénus souvent éclatante, dans les lueurs du crépuscule ou du couchant. Tantôt ronde et petite, tantôt en croissant et plus grosse, elle est d'un blanc immaculé. La brillante Jupiter dont vous pourrez suivre, de soir en soir, le ballet de ses 4 plus gros satellites qui ont tant fasciné Galilée. Son atmosphère nuageuse vous livrera quelques-uns de ses secrets : bandes parallèles, taches colorées dont la fameuse tache rouge. Saturne avec son magnifique cortège d'anneaux est la promesse certaine d'une émotion irremplaçable la première fois que vous la rencontrerez. Mars n'est bien visible qu'à certaines périodes. Quand celles-ci sont favorables, tentez de distinguer sur ce petit confetti orangé les calottes glaciaires, ainsi que quelques zones sombres.
Comment observer les objets diffus ?
Les amas, les nébuleuses et les galaxies n'apparaissent généralement que lorsque le ciel est bien noir, loin de la pollution lumineuse générée par les éclairages des villes. L'observateur habitant à la campagne est favorisé. Le citadin pourra, quant à lui, investir dans un instrument transportable afin de s'échapper sous des cieux plus sombres. Dans un petit télescope, les astres du ciel profond n'ont pas la beauté des photographies couleur. Plus le diamètre de l'instrument sera important, mieux vous les verrez, c'est la seule règle ! En observant ces objets, situés à des milliers d'années-lumière, vous ferez de fabuleux voyages dans l'espace et le temps. Pour repérer leur position, utilisez un atlas du ciel avec des cartes précises.
Que peut-on voir ? Les nébuleuses, vastes nuages de gaz, apparaissent mieux aux faibles grossissements. L'une des plus belles est celle d'Orion. Les amas sont des groupements d'étoiles. Seul un faible grossissement permet également d'en saisir l'étendue. L'amas des Pléiades et le double amas de Persée comptent parmi les plus connus. Les amas globulaires renferment des milliers d'étoiles. Ils sont brillants et certains peuvent être étudiés en ville. Le même grossissement que celui utilisé pour les planètes permet d'en résoudre une partie. L'amas d'Hercule est l'un des plus jolis spécimens. Les restes d'étoiles mourantes s'observent dans les mêmes conditions que les amas globulaires. Dans le ciel d'été, l'anneau de la Lyre ne pourra pas vous échapper. Beaucoup plus éloignées, les galaxies sont aussi plus difficiles à observer. L'une d'elles peut être repérée à l'œil nu : la galaxie d'Andromède.
Emmanuel Baudoin
Crédits photo : E. Beaudouin/Ciel & Espace, C. Birnbaum/Ciel & Espace