La couleur d’une étoile est, comme pour la lave des volcans et pour tout objet très chaud, une indication de sa température. Ainsi le soleil, jaune comme chacun sait, a une température de surface de 6000K, soit environ 5700° C.
La couleur est donc une donnée facilement perceptible, qui permet d’accéder à une grandeur physique sur ces objets déjà lointains du cosmos. Certes, la couleur n’est visible à l’œil nu que pour les étoiles les plus brillantes, mais une simple paire de jumelles permet d’augmenter la capacité de l’œil d’au moins une dizaine de fois, et multiplie donc par dix le nombre d’étoiles dont la couleur est visible.Or, la température de surface est une porte d’entrée vers une exploration de cette machine cosmique complexe qu’est une étoile, de ces machines cosmiques devrait-on dire, car d’une part il existe plusieurs types d’étoiles, d’autre part une étoile connaît au cours de son existence plusieurs stades très divers, selon, principalement, sa température qui est déterminée par sa masse. En fait, il n’existe pas deux étoiles exactement identiques.
Joël Lebras

Sachant que la couleur n’est que le signe de la température de la « photosphère », la couche lumineuse d’une étoile, la question se transporte aussitôt sur ce qui peut, à l’intérieur de l’étoile, provoquer l’émission de ce rayonnement, fabriquer cette énergie. On découvre alors avec stupéfaction que le cœur de l’étoile, le lieu où se précipitent les réactions thermonucléaires sources de cette énergie monstrueuse pour l’homme, le cœur donc est bien plus chaud que la surface lumineuse, d’un facteur mille pour le soleil avec quinze millions de kelvins !
Une telle machine ne peut laisser d’interloquer, tant elle met en jeu de phénomènes à une échelle inhabituelle et non reproductibles sur Terre. La formation de tels objets est naturellement la question suivante qui vient à l’esprit. De quelle matière, dans quelles conditions, en combien de temps une étoile se forme-t-elle, quelle est son espérance de « vie » ? Et l’on apprend avec un étonnement croissant que les étoiles naissent de la matière même qui s’est formée dans l’univers peu après son début, la matière originelle pourrait-on dire, et qu’en transformant cette matière, les étoiles régénèrent constamment l’univers et fabriquent tout ce qui n’est pas elles-mêmes, y compris… Nous !
Enfin, la mort même des étoiles ou disons plutôt leur fin, est un véritable feu d’artifice où se forgent encore pour certaines d’entre elles d’autres éléments chimiques, dans des explosions qui sont parmi les événements les plus violents connus.
Ainsi les étoiles se révèlent-elles comme les objets clés de l’univers, ceux par qui tout arrive, et tout ce qui est possible se produit jusqu’à l’apparition, ici bien sûr, mais peut-être aussi ailleurs, d’une vie intelligente. En regardant la couleur des étoiles, on met le pied sur le pas de la porte d’un espace sans fin de découvertes
Dans un ciel d’été dominé par deux étoiles d’égal éclat et de couleurs très différentes, Vega et Arcturus, le public peut être amené à une observation plus attentive qu’une simple promenade céleste et aborder au cours d’une soirée de vacances l’essentiel de ce qui constitue l’univer
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