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« Reflets de ciel : rêves et raisons » - Les posters
Se souvenir de la fécondité de la nuit…
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Se souvenir de la fécondité de la nuit…
La voûte étoilée disparaît de notre vue, noyée sous des mégawatts de lumière artificielle.
Malgré un foisonnement d’images numériques qui submerge nos écrans, le ciel nous
échappe, s’efface progressivement de notre environnement et de notre imaginaire.
Les dieux ont déserté le ciel pour laisser place à un vide sidéral, immatériel,
que seuls, peut-être, artistes et scientifiques interrogent encore. Leurs regards
s'accrochent aux questions et aux paradoxes qui confèrent au cosmos son caractère
fascinant.
« Dans un Occident sur-informé, où l'image est en sur-circulation, où les technologies
mettent à mal le réel, à bon ou mauvais escient, les artistes restent ceux qui nous
permettent le doute. Un doute salvateur. La question du réel reste pertinente, celle
du modernisme reprend des couleurs, et, entre rêveries et images scientifiques,
objets réels ou imaginaires, l'artiste s'amuse toujours à mesurer l'écart entre
ce que l'on voit et ce que l'on croit. Entre ce que l'idéologie nous dicte et ce
que notre pensée nous révèle. (…) L'espace, comme une formidable machine à rêver,
ré-enchante et inquiète, tour à tour. Chaque artiste s'empare, plus ou moins violemment,
de nos doutes et inquiétudes sur la question du ciel. » Muriel Ryngaert
Paris
© Photo Joel HO/Joe5ho Photo
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Représenter l'insondable ?
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Cieux féeriques…
Depuis 1609 et l’avènement de télescopes toujours plus puissants, le ciel se peuple
de nébuleuses, de galaxies, d’objets de plus en plus lointains. La quiétude d’un
ciel immuable a désormais cédé la place à des phénomènes d’une violence extrême,
cataclysmique. Nous avons la conviction de contempler un Univers aux échelles incommensurables,
dépassant notre perception et notre capacité à les appréhender. Mais, que nous nous
placions dans une perspective artistique ou scientifique pour décrire le ciel ou
rendre compte de nos observations, nous ne parlons jamais d’autre chose que de représentations
: émotions pour les uns, sujets d’études et modèles cohérents avec les phénomènes
observables pour les autres, le "pourquoi" nous étant inaccessible.
Légende
Vue panoramique de la région centrale de la Nébuleuse de
la Carène saisie par le télescope spatial Hubble. Ce paysage de
50 années-lumière de large est sculpté par les vents et les radiations ultraviolettes
émis par les étoiles les plus massives, situées au cœur d’un nuage d’hydrogène.
Distante de 7 500 années-lumière, la Nébuleuse de la Carène contient une douzaine
d’étoiles brillantes, 50 à 100 fois plus massives que notre Soleil parmi lesquelles
Êta Carinae, proche de sa phase explosive en supernova.
…espaces angoissants
Brillant et coloré, l'espace peut être vu de façon baroque, romantique, pop, disco,
glam ou gothique... Quelque chose de factice, de superficiel irrigue les représentations
extraterrestres. Comme si nous avions besoin de donner une apparence bariolée à
l'inconnu, l'inexplicable, l'inénarrable... pour maquiller l'horreur du vide ? Un
va-et-vient entre cosmique et cosmétique (l'origine de ces deux mots est la même
: le terme grec kosmos qui exprime à la fois l'idée d'ornement et de mise en ordre)
! «Le jour est beau, mais la nuit est sublime» écrivait Kant. Le jour éclaire un
espace limité qui ne saurait prétendre qu'à la beauté. Parce qu'elle découvre des
étendues dont on ne voit pas la fin, la nuit ouvre sur le Sublime, synonyme d'infini
pour Kant.
Les paysages de la série «Ciels, nébuleuses et galaxie» constituent une allégorie
de notre emprisonnement au sein de notre propre univers, si immense soit-il. «Nous
sommes littéralement plombés dedans», explique Jacques Monory. Avec cette série,
l’artiste tente de se libérer des mythologies quotidiennes.
Légende
Ciel n° 16, Centre de notre galaxie Jacques Monory 1979.
Huile sur toile, 250 x 400 cm. Collection Mac/Val, Vitry-sur-Seine. © Photo Jacques
Faujour. © Adagp, Paris 2008.
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Prédire notre destinée ?
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Présages annonciateurs…
Jadis, l’apparition d’une comète dans le ciel semait la terreur pour la plupart des civilisations. À la peur générée par l’observation de phénomènes célestes incompréhensibles se substitue aujourd’hui une angoisse raisonnée. L’accumulation de nos connaissances ne nous a pas réellement libérés de nos craintes ancestrales. Si les comètes ou les éclipses ne sont plus considérées comme annonciatrices d’événements cruciaux, ce que nous connaissons du ciel reste terriblement angoissant : la fin annoncée de notre Soleil dans quelque 4 milliards d’années, l’éventualité d’une rencontre tragique avec l’orbite de l’un des astéroïdes qui croisent par centaines de milliers dans notre Système solaire.
Submergés par la saisissante splendeur de la voûte céleste et par son immensité, nous voudrions tant que le ciel soit révélateur de notre destinée que nous ne pouvons accepter son silence.
Légende
L’un des derniers événements cataclysmiques d'origine céleste en date fut la chute d'un fragment de comète, le 30 juin 1908, dans la région de la Tunguska. Ce bolide de 30 m de diamètre aurait explosé entre 8 et 10 km d'altitude, dévastant la forêt sibérienne sur plus de 2 000 km2. En janvier 2007, la comète la plus brillante des 40 dernières années, Mc-Naught, passa à près de 120 millions de km, illuminant le ciel de l’hémisphère Sud. La queue de poussières arrachées au noyau cométaire par les particules constituant le vent solaire s’est étendue derrière elle sur plusieurs dizaines, voire plusieurs centaines de millions de kilomètres. On peut aisément imaginer que certaines civilisations aient vu des messages divins dans ce spectacle céleste.
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Mac Naught, 20 janvier 2007à 18h59
lieu: Gamsberg Pass - Namibie
Canon 300D, 800iso, 4 poses de 15 secondes, objectif 28mm f/d=4
© Photo Sylvain Chapeland
…astres impassibles
«Comment montrer une image du drame sans montrer le drame ?» Renaud Auguste-Dormeuil pose cette question à travers la série «The day before Star System»: douze images qui reconstituent par ordinateur la voûte céleste visible d'une ville la veille de son bombardement. Ni tout à fait réelles, ni tout à fait virtuelles, ces images épousent la beauté sereine des étoiles, le charme immédiatement efficace des vues célestes. Le regard bascule du sol au ciel. Le sublime se substitue à la réalité terrestre, dramatiquement humaine.
Via l'omniprésence des satellites de télécommunications les médias donnent à voir, en temps réel, l'irréalité de la guerre à travers de sublimes images de ciels flamboyants, d'éclairs traversant la voûte céleste, de simples points lumineux qui renvoient aussi aux représentations de l'espace.
Légende
The Day Before _ Guernica _ April 25, 1937 _ 23 : 59
2005, Renaud Auguste-Dormeuil
Impression jet d’encre marouflée sur aluminium et encadrée, 170 x 150 cm
Courtesy In SITU Fabienne Leclerc, Paris
© Photo Renaud Auguste-Dormeuil !
The Day Before _ London _ September 6, 1940 _ 23 : 59
2005, Renaud Auguste-Dormeuil
The Day Before _ Baghdad 2 _ March 18, 2003 _ 23 : 59
2005, Renaud Auguste-Dormeuil
The Day Before _ Dresden _ February 12, 1945 _ 23 : 59
2005, Renaud Auguste-Dormeuil
The Day Before _ Hiroshima _ August 5, 1945 _ 23 : 59
2005, Renaud Auguste-Dormeuil
The Day Before _ New York _ September 10, 2001 _ 23 : 59
2005, Renaud Auguste-Dormeuil
Impression jet d’encre marouflée sur aluminium et encadrée, 170 x 150 cm
Courtesy In SITU Fabienne Leclerc, Paris
© Photos Renaud Auguste-Dormeuil
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Fuir l’angoisse de la solitude ?
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Systématiquement comparables…
Formées à partir des mêmes briques élémentaires, pétries par les mêmes forces, forgées dans les mêmes creusets, toutes les planètes devraient être similaires et ne différeraient que selon d’infimes spécificités liées aux conditions de leur formation. En supposant que l’Univers soit régi par les mêmes lois en tout point, tous les astres qui le composent devraient être bâtis selon le même modèle, infinies reproductions de régularité.
Notre galaxie compte entre 10 et 100 milliards d’étoiles autour desquelles pourraient exister ou se former des planètes. Quant à notre Univers, il compte plusieurs centaines de millions de galaxies, où gravitent à leur tour des milliards d’étoiles. Dès lors, il est bien tentant d’imaginer des myriades d’autres planètes Terre semblables à la nôtre. Nous sommes ou bien terriblement exceptionnels ou bien terriblement nombreux.
Légende
Dix fois plus grosse en diamètre que la Terre, balayée par des tempêtes incessantes avec des vents allant jusqu’à 1 800 km/h, Saturne est un astre gazeux composé à 94 % d’hydrogène. Ses anneaux, d’une structure complexe, sont composés de particules (dont les éléments de moins de 5 cm sont ici révélés en bleu) gravitant de façon parfaitement concentrique autour de la planète. Depuis 1995, les astronomes ont découvert l’existence de planètes autour d’autres étoiles. Découvrir d’autres planètes Terre, observer leur surface et éventuellement y déceler des preuves de la présence de la vie sont autant d’enjeux pour l’astronomie du XXIe Siècle. Il s’agira, dans les prochaines années, de construire des instruments suffisamment sensibles et précis pour détecter des planètes telluriques en orbite autour d'autres étoiles, situées dans leurs “zones habitables”, c'est à dire ni trop près, ni trop loin, de sorte que la température au sol permette la présence d'eau liquide.
…tous spécifiquement différents
Davide Bertocchi postule l'existence de plus de 2000 planètes et nous en donne la “preuve” par la création d'images de synthèse. Peut-on alors douter de l'exactitude de la connaissance scientifique ? “Si l’Univers est infini et si toutes les possibilités y sont représentées, on peut penser que ces visions imaginaires ont un référent réel dans une zone de l’Univers qu’il reste à déterminer. Je voulais inventer à travers ces images un espace qui m’appartienne ; je voulais proposer ma théorie de l’espace. Mais d’une certaine façon, je voulais produire une théorie de l’espace que personne ne puisse à proprement parler remettre en cause. Dans la mesure où on est encore loin d’avoir une connaissance exhaustive de l’Univers, personne ne peut dire : “Ah non ! Désolé mon vieux cette planète n’existe pas !” Extrait de « La Métaphysique de Synthèse », interview de Davide Bertocchi par Nicolas Exertier – in Art Presence n°57, 2006, Paris.
Légende
Spazio, 1999-2007.
Davide Bertocchi
Tirages jet d'encre, carton-plume, 7,5 x 4,5 cm (chaque). Courtesy Davide Bertocchi/La Blanchisserie galerie, Paris / Tatjana Pieters/ OneTwenty Gallery, Gand.
© Photo Marc Domage / Macval
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Chercher dans le noir ?
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Mondes stériles…
Chercher la vie, c’est chercher des traces, des indices. Quelle forme peut prendre un signe digne d’attention ? Comment le vivant peut-il se reconnaître, caché au milieu de l’inerte et du minéral ? L’eau est vue comme un des premiers marqueurs à traquer, car sans eau, il ne peut y avoir de vie telle que nous la connaissons sur Terre. Mais de l’eau à la vie, le chemin est long et, avant tout, c’est de l’eau liquide dont il nous faut trouver la trace… La découverte que de l'eau a coulé à la surface de Mars dans un passé relativement récent – quelques centaines de milliers d’années- a ravivé les espoirs des astronomes de prouver
qu'il y eut, un jour, une vie sur Mars.
En reprenant une technique que Franquin avait utilisée à la fin des années 1970 pour sa bande dessinée "Idées noires", Stéphane Sautour réalise à l’encre de Chine des paysages lunaires, appliquant avec une grande maîtrise l’outil, la technique systémique.
Légende
Idées Noires, 2006.
Stéphane Sautour
Dessin, encre de Chine sur papier, 50 x 65 cm. Collection privée, Paris, Courtesy Galerie Loevenbruck, Paris.
© Photo F.Gousset.
…édens abandonnés
Cette idée d’une vie sur Mars, avec des ingénieurs martiens creusant des canaux d’irrigation, était répandue dans les milieux scientifiques jusqu’au début du XXe siècle. Là où les astronomes – observant à la limite des possibilités de leurs instruments – , voulaient voir des canaux, il n’y avait en réalité qu’accidents du relief, révélés par Mariner 4 en 1965. Le mythe avait vécu. Pourtant, l’eau a bien coulé en quantité sur la planète rouge, il y 3,8 milliards d’années, lorsque son atmosphère était encore suffisamment dense et chaude pour permettre que l'eau soit liquide. Les missions d’exploration martiennes ont immortalisé ce que l’on ne peut s’empêcher de comparer aux vallées d'une rivière asséchée. Toutefois, les récentes images à très haute résolution de ravines de quelques cratères semblent révéler que du liquide s'écoule encore aujourd'hui à la surface de Mars, probablement de l'eau mélangée à de la boue. Reste encore à découvrir, si cela se confirme, d'où provient cette eau...
Légende
Cette image à haute résolution (1,50 m au sol) des dunes de Mars a été prise dans l’hémisphère sud par la sonde américaine Mars Reconnaissance Orbiter, le 25 novembre 2006, pendant l’hiver martien. Les parties les plus brillantes, concentrées sur les faces les plus froides des dunes, pourraient révéler la présence de glace d’eau ou de glace carbonique. Ces dunes de sable sont formées par l’action de forts vents dominants.
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Sortir du berceau ?
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Héroïques ambitions…
Tel Christophe Colomb ou Marco Polo, les astronomes du programme Apollo ont bravé l’inconnu pour pouvoir fouler de nouveaux territoires. Depuis le lancement de Spounik en 1957, marquant le début de l’ère spatiale, ils sont à peine 500 pionniers – spationautes, cosmonautes ou taïkonautes – à avoir franchi l’atmosphère. Le moteur de ces aventures héroïques est bien sûr le goût du défi, l’esprit de conquête, mais aussi la compétition industrielle, la nécessité pour une nation de faire la démonstration de sa supériorité. Toutes les nations et tous les peuples ne sont pas égaux dans cette course à l’espace. Encore à ses balbutiements, nous la rêvons déjà comme une croisière vers des planètes vierges et merveilleuses.
Légende
En décembre 1972, les Américains Eugene Cernan et Harisson Schmidt furent les derniers astronautes déposés sur le sol lunaire pendant plus de 75 heures. À bord de la jeep lunaire, ils ont parcouru 35 km dans la vallée du site d’alunissage de Taurus-Littrow pour ramener sur Terre 110 kg de roches et de sable. Lancée le 7 décembre 1972 depuis Cap Kennedy en Floride, Apollo 17 fut la onzième et dernière mission du programme Apollo, revenue sur Terre le 19 décembre avec ses astronautes à son bord. Ce fut la dernière exploration humaine ou la dernière à "sortir du berceau".
…curiosité irrépressible
L'Univers offre des visions intrigantes par la diversité de leurs formes, de leurs couleurs. A la fois séduisantes et chargées de symboles (l'infini, le néant, l'origine), ces images extraterrestres inspirent tous les domaines de la création: littérature, cinéma, arts plastiques, musique, architecture, bandes dessinées. Depuis que l'homme est allé physiquement dans l'espace, deux générations d'artistes se sont succédé. Ceux de l'âge d'or, contemporains des premières expériences et de Neil Armstrong sur la Lune, puis ceux de la réévaluation des possibilités de conquête et de la nostalgie. L'orbite terrestre, les engins spatiaux, les corps célestes en tous genres sont devenus de nouveaux espaces d'investigation pour les artistes. On retrouve à travers les disciplines, des esthétiques et des thématiques communes, le développement de toute une culture visuelle propre à cet au-delà de la planète Terre.
Hétéroclites et bricolés, les engins qui peuplent l’univers de Guy Allot semblent tout droit sortis d’un livre de jules verne. Absurdes, fragiles, référencés, drôles et poétiques, ces vaisseaux imaginaires et fantasmatiques entremêlent l’histoire de la peinture, vanité et paysage, au désir de l’ailleurs, à la jubilation enfantine d’un savant fou, le tout teinté d’une irréductible nostalgie.
Légende
Landscape Spaceship 6, 2006
Guy Allott
Oil on Canvas, 55 x 66 cm
Private Collection, London
Courtesy FA Projects, London
© Photo Marc Domage/Macval
Model Spaceship 1, 2005
Guy Allott
Gouache, carton, 13 cm (hauteur).
Courtesy Guy Allott/FA Projects, Londres.
© Photo E. Delort
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Rationaliser par des équations ?
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Description vertigineuse…
Au fur et à mesure des siècles, les hommes ont inventé des modèles et construit un système de symboles et de langages pour décrire les phénomènes observés, rechercher leur régularité et prédire leur évolution. En cherchant à donner des représentations de la réalité, les modèles et les équations sont figuratifs, nous permettant d’appréhender par nos sens l’aspect et la nature des phénomènes. En revanche, quand elle manipule des abstractions qui nous dépassent dans leurs échelles de temps et d’espace, la Science peut se percevoir comme une œuvre d’une puissance vertigineuse ou juste d’un formalisme illusoire.
Légende
Représentation d’un trou noir de 50 000 masses solaires vu à une distance de 2 millions de km. La force gravitationnelle est si forte à sa proximité que même la lumière ne peut s’en échapper. Les objets les plus massifs peuvent atteindre plusieurs milliards de fois la masse du Soleil, et sont situés dans les cœurs actifs des galaxies.
Cette image mosaïque en fausses couleurs des régions centrales de notre galaxie (400 par 300 années-lumière) révèle des centaines d’étoiles naines blanches, d’étoiles à neutrons baignant dans un nuage de gaz incandescent de plusieurs millions de degrés. Située à 26 000 années-lumière de la Terre, la radiosource Sagittarius A*, un trou noir de près de 3 millions de masses solaires, occupe le centre de la Voie lactée (ici dans la partie la plus brillante près du centre de l’image). Révélé par les mouvements des étoiles en rotation rapide autour de lui, ce trou noir supermassif se serait formé moins d'1 milliard d'années après le Big bang, résultant de l'effondrement, sous l'effet de sa propre gravité, d'un immense nuage de gaz présent très tôt dans l'histoire de l'Univers.
…formalisation illusoire
«Une équation mathématique écrite puis effacée à la main sur un tableau noir. Nicolas Baier fait ainsi le constat de l'impossible représentation scientifique et objective du trou noir, objet céleste échappant par sa nature au regard de tout observateur.»
Face à l'Infini, le Cosmos, les images médiatiques semblent, par leur diffusion, leur construction, s'accorder avec le Sublime pour relayer notre imagination alors présumée impuissante à représenter l'infiniment petit ou l'infiniment grand, l'événement dramatique ou les grands mouvements de l'Histoire.
Légende
Trou noir, 2005.
Nicolas Baier
Épreuve numérique à développement chromogène sur papier mat, nox 143,8 cm.
Collection Musée d'art contemporain, Montréal
© Photo Nicolas Baier
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Jouer aux dieux ?
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Exception hospitalière…
Le 20 juillet 1969, Neil Armstrong, Edwin Aldrin et Michael Collins figèrent ce lever de Terre au-dessus du paysage lunaire, depuis le module de commande Columbia, en orbite autour de la Lune, quelques heures seulement avant qu’Armstrong et Aldrin ne soient les premiers hommes à fouler le sol lunaire. Propulsant l’humanité dans l’ère de la conquête de l’espace, franchissant la frontière symbolique d’un autre monde, les missions Apollo allaient également rendre compte de l’extraordinaire singularité de notre planète bleue. Aucun autre candidat dans notre Système solaire n’offre des conditions auxquelles nous pourrions nous adapter. L’humanité devra choisir entre quitter notre Terre surpeuplée et polluée, et rendre une autre planète habitable ou savoir limiter son impact sur son environnement planétaire.
Légende
Située à quelque 384 400 km de la Lune, notre planète présente sa couleur bleue caractéristique produite par les océans qui recouvrent près de 71% de sa surface… Une exception pour l’instant, qui a permis l’émergence de la vie.
…potentiellement habitable
Jean-Luc Vilmouth propose un projet utopiste de colonisation de Mars avec des moyens dérisoires. À l’aide de ventilateurs géants mise orbite, le Projet pour Mars voudrait fournir à la planète rouge une atmosphère respirable.
Légende
Projet pour Mars, 1996.
Jean-Luc Vilmouth
Photographie Cibachrome, ventilateurs, cartons d’emballage, diamètre de la photographie 125 cm. Collection Mac / Val, Vitry-sur-Seine.
© Photo Jacques Faujour © Adagp, Paris 2008.
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Chercher l’Origine ?
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Evénement démesuré
La question de l’origine de notre Univers reste une question ouverte. Selon la théorie communément admise, l’Univers avec ses centaines de milliards de galaxies serait né, voici 13,7 milliards d’années, d’une violente et subite dilatation de l’espace-temps, le big bang. Un événement unique et primordial si démesuré à notre échelle que nous ne pouvons nous en faire une représentation. La Physique est incapable de décrire l’instant initial, s’il existe, enfermé dans les relations d’incertitudes. Restent malgré tout beaucoup d’interrogations sur la validité de ce modèle théorique qui postule l’existence d’un univers réduit en un point si singulier de l’espace-temps.
ou naissance dérisoire…
Il y a dans une telle genèse un tel paradoxe de démesure qu’il était tentant de la voir comme dérisoire. Même si des traces de cette expansion brutale peuvent être observées dans le fond du ciel sous la forme d’un écho de rayonnement radio diffus dans toutes les directions, rien ne prouve que l’Univers ait même une origine, nos théories physiques actuelles ne pouvant s'appliquer au-delà d'une certaine limite de température et de densité, que nous appelons "mur de Planck".
Légende
En constatant que les amas de galaxies s’éloignent les uns des autres dans un mouvement d’ensemble d’autant plus rapide que ces amas sont distants de nous, les astronomes en ont naturellement déduit que les galaxies devaient être plus proches les unes des autres dans le passé. Distant de 5 milliards d’années-lumière, cet amas de galaxies (Cl 0024+17) observé par le télescope spatial Hubble présente un anneau de matière qui s’étend autour de lui sur une distance de 2,6 millions d’années-lumière. Il résulte de la collision de deux amas de galaxies, ayant créé une ondulation dans la répartition de la matière noire. Déduite ici des déformations des images des galaxies lointaines par le phénomène de lentille gravitationnelle, l'existence de cette matière invisible est généralement invoquée pour expliquer les mouvements des galaxies au sein de leur amas. Bruno Peinado, Plasticine, 2,5x2,5x2,5 cm. Courtesy Galerie Loevenbruck, Paris,
© photo David Willems, © Adagp, Paris 2008.
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Et si la toile se déchirait ?
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Et si la toile se déchirait ?
En cherchant à modéliser un Univers incroyablement plus complexe que ce que nous pouvons percevoir, ou même imaginer, notre approche scientifique pourrait nous amener sur des chemins de la connaissance irrémédiablement voués à des impasses. La « réalité» peut-elle être accessible par la seule force de notre pensée et de notre raisonnement ? Et si elle était tout autre, et si nous ne pouvions pas même construire une représentation d’un réel, serions-nous même simplement capables de l’admettre ?
Légende
«Lorsqu'on dit sublime le spectacle du ciel étoilé, il est impossible de fonder ce jugement sur les concepts des mondes habités par des êtres doués de raison, et d'y faire intervenir l'idée que les points lumineux, dont nous voyons rempli l'espace au-dessus de nous, seraient leurs soleils décrivant des cercles disposés par rapport à eux en fonction d'une finalité bien précise, mais il faut simplement considérer le ciel comme on le voit, c'est-à-dire comme une vaste voûte qui englobe tout (...)». Emmanuel Kant, Analytique du sublime, Critique de la faculté de juger, 1790, Paris, Gallin, Folio Essais. p.214.
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Sur une idée originale d’Olivier Las Vergnas et Eric Piednoël
Textes : Pierre Cruzalèbes, Olivier Las Vergnas, Eric Piednoël avec le concours d’Arno Marsollier, Pierre-François Mouriaux, Valérie Lépine, la complicité de Stéphanie Airaud et Muriel Ryngaert du Mac/Val pour tous les textes relatifs aux œuvres.
Mise en scène et conception graphique : Emmanuel Delort
Recherches iconographiques : Franck Seguin et Eric Piednoël
Conception du site internet : Cyril Amergé
Sélection des Ressources : Begon avec la participation d’Eric Piednoël
@ afa, 2008
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